
Plongeon le temps d'un soir dans un dîner d'artistes, en compagnie de K., astrophysicienne-artiste (ou artiste-astrophysicienne), que j'avais rencontrée une unique fois il y a onze ans. Onze ans, c'est l'âge de son fils métisse épatant, qui oscille en français, anglais et néerlandais de conversation en conversation, choyé par la tablée d'artistes comme une petite mascotte. En vrac, ça parle de théorie de l’art, d’urbanisme, de kidnapping à Beyrouth et des alpha males : essentiellement des choses auxquelles je ne connais rien – sauf peut-être les alpha males.
Je suis entourée de deux femmes magnifiques, K., rousse, belge et triste, G., brune, italienne du Sud et en colère, toutes deux blessées des hommes et naviguant dans leur vie avec cette générosité d'artiste, se racontant toutes entières et écoutant sans limite.
En sortant du restaurant, sous une arcade du Louvre, nous regardons une jeune fille en corsaire rouge danser pieds nus au son d'un violoncelle. Puis seule, rebroussant chemin, je m'accoude à un pont avec les deux boîtes de chocolats belges que K. m'a offertes. J'en ouvre une et savoure ce praliné de solitude entremêlé de pépites sucrées.